| Vu à la une | INédit | Colloques et manifestations | Presse | |
Pour la neuvième édition, le Salon de la culture et des jeux mathématiques a pris ses quartiers Place Saint-Sulpice sur le thème Nature et Mathématiques. Pendant trois jours (29 mai - 1er juin 2008), les chercheurs de l'INRIA ont fait découvrir de façon ludique les mathématiques au plus grand nombre.
L'équipe de recherche DIGIPLANTE utilise les mathématiques pour modéliser la croissance des plantes. Ce travail a donné naissance au logiciel Green Lab, qui s'appuie sur divers paramètres (l'eau apportée, la lumière, le nombre de plants par m²...) pour prévoir et mieux contrôler la production végétale.
DIGIPLANTE mêle des mathématiciens, des informaticiens, des agronomes et des botanistes : une vraie pluridisciplinarité. Le responsable de l'équipe, Philippe de Reffye précise : « Nous travaillons ensemble, car il faut que chacun s'y retrouve, devant un écran mais aussi en serre ou en champs ».
Les applications de Green Lab :
Malgré l'efficacité du modèle, Philippe de Reffye estime qu'il faudra encore une dizaine d'années pour convaincre les acteurs de la production végétale, et pour que Green Lab passe réellement dans la pratique agronomique.
> Télécharger le poster du stand.
> Lire l'article "Les maths font des plantes" consacré aux travaux de DIGIPLANTE.
Dominique Halpérin, organisatrice du salon et professeur de Mathématiques, est venue avec un groupe d'élèves de Troisième du collège François Couperin. Objectif : découvrir et manipuler les maths sans complexe ».
![]() |
Des collégiens amusés |
Une dizaine d'élèves se regroupe donc autour du jeu de l'oie de l'INRIA. L'ambiance se réchauffe rapidement, au fil des questions posées par les animatrices. Gentille bousculade et esprit de compétition poussent les adolescents à cogiter sérieusement, « pour l'honneur ! ». Un visiteur isolé, attiré par les cris de victoire ou de déception, commente avec malice : « Ce côté ludique et cette saine émulation sont vraiment le reflet de ce salon, mais je m'étonne qu'une génération qu'on dit ''née'' avec l'informatique ait parfois tant de mal avec le vocabulaire, ''cookie'', ''octet''... Comme quoi ça leur est devenu tellement naturel qu'ils n'ont même plus besoin de maîtriser les bases ! ».
Le deuxième stand de l'INRIA, baptisé ''Les maths font des plantes'', utilise la modélisation pour simuler la croissance des plantes. « On regarde la façon dont pousse une plante en fonction de ce qu'on lui apporte en eau, en lumière », résume un élève. Mais loin d'être un simple ''tamagotchi'' végétal, le logiciel Green Lab se veut avant une aide à l'agronomie classique. Les explications de Philippe de Reffye semblent laisser une partie du groupe perplexe, peut-être pas encore habituée à l'idée de manipuler des algorithmes... À moins que ce ne soit une certaine timidité qui empêche ces élèves de questionner plus avant le chercheur...
![]() |
Des élèves captivés
par Paul-Henry |
Le public du samedi 1er juin, à la fois plus familial et plus connaisseur, n'a pas hésité à mettre à contribution les permanents du stand pour obtenir plus de précisions sur Green Lab et voir fonctionner le logiciel. Un père et son petit garçon, intrigués par les images projetées de plantes en pleine croissance, se rapprochent pour écouter Philippe de Reffye. Ils se retirent rapidement à petits pas, un peu gênés : « C'est d'un niveau mathématique très pointu, commente le père. Je ne comprends pas tout, mais c'est incroyable de voir ce que les maths peuvent donner de concret ! » Un trio d'étudiants semblent eux tout maîtriser des algorithmes qui sous-tendent Green Lab : « J'avais abordé ça l'an dernier en cours », se vante même l'un d'entre eux.
Un peu plus tard, c'est un sémillant sexagénaire qui se retrouve happé par les démonstrations du chercheur. « C'est vraiment fascinant ce qu'il est possible de simuler aujourd'hui. Je ne suis ni mathématicien ni agronome, mais vétérinaire. J'imagine ce qu'une telle application pourrait donner pour assister les éleveurs, ou modéliser l'évolution d'une maladie chez un animal... Quelle révolution ! ». Des perspectives qui demanderont encore beaucoup de travail, mais la preuve est à nouveau faite : les découvertes en mathématiques sont loin d'être épuisées, et ce salon ''Nature et Mathématiques'' laisse la porte grande ouverte aux recherches.
Cécile Fradin, Technoscope.