Fondé en 1967 pour doter la France d'une recherche et d'une industrie en informatique, l'institut a largement contribué à l'essor des sciences et technologies de l'information et de la communication. Découvrez son histoire : des premiers pas de l'IRIA aux années 2000 placées sous le signe d'une forte croissance.
1967-1972 : les premiers pas de l'IRIA
À l'initiative de la Direction générale de la
recherche scientifique et technique (DGRST), un groupe de dix personnalités
indépendantes, choisies pour leur compétence scientifique
ou économique, se réunissait, à la fin de l'année
1964 et courant 1965, sous la présidence du professeur Lelong
pour conduire une réflexion sur l'importance des nouvelles techniques
du traitement de l'information.
Le mot informatique n'avait pas encore cours ; il devait être
proposé à quelque temps de là, mais le rapport
que le groupe adressait en février 1966 au Comité consultatif
de la recherche scientifique et technique (CCRST) mettait en lumière
tous les concepts de base de cette nouvelle science et attirait l'attention
sur l'influence décisive qu'elle allait jouer dans tous les domaines
d'activités humaines.
Présentées par le CCRST, les propositions contenues dans
le rapport des dix experts étaient adoptées dans leur
principe, par un comité interministériel sur la recherche
scientifique, présidé par G. Pompidou, alors Premier ministre,
en 1966. Un peu plus tard, les instances politiques intéressées
mettaient en oeuvre l'ensemble des mesures connues sous le terme de
« Plan Calcul ».
L'institut de recherche en informatique et automatique (IRIA) est né de la loi 67-7 du 3 janvier 1967, et ses missions précisées dans le décret 67 722 du 25 août de la même année,
constituait l'un des organes principaux d'exécution
de ce Plan Calcul. L'étendue de ses missions faisait participer
l'IRIA à tous les aspects de l'opération. L'institut jouait,
en effet, le rôle majeur, aussi bien pour la recherche que pour
la formation des hommes et pour la diffusion de la connaissance scientifique
et technique.
La période 1967-1972 a constitué une
première phase dans la vie de l'IRIA, celle de la création
ex-nihilo, l'époque des pionniers, sous la direction du professeur
Michel Laudet, avec l'appui du professeur André
Lichnerowicz, président du Conseil scientifique. Au
cours de cette période, le domaine de Voluceau, laissé
vacant par l'OTAN après avoir servi de cantonnement pour le personnel
militaire américain, a été transformé en
un instrument de recherche et de formation.
1972-1980 : de l'IRIA à l'INRIA
Le 25 février 1972, un conseil interministériel,
sur proposition du Comité consultatif de la recherche scientifique
et technique (CCRST), confirmait l'IRIA dans ses vocations et arrêtait
une série de décisions propres à en amplifier les
actions, notamment dans le domaine de la synthèse et orientation
de la recherche française en informatique et dans le domaine
de l'assistance technique donnée à la pénétration
de l'informatique dans toutes les activités d'intérêt
national :
- regroupement de la recherche au sein d'un « Laboratoire
de recherche d'informatique et d'automatique », le Laboria
;
- développement des interventions ayant la nature d'une assistance
technique à des applications exemplaires de l'informatique dans
les différents secteurs d'activités d'intérêt
national ;
- rattachement direct à l'institut, qui en devient ordonnateur,
des crédits d'irrigation de la recherche.
Les statuts de l'IRIA ont été partiellement modifiés
suivant ces dispositions par le décret 73-338 du 13 mars 1973.
La réforme de structure s'appuyait sur une pièce maîtresse,
la création d'un Comité consultatif de la recherche en
informatique, le CCRI, chargé d'élaborer les propositions
d'une politique nationale de la recherche dans les domaines de l'informatique
et de l'automatique. Le décret portant création du CCRI
est le 73-130 du 12 février 1973.
Le 8 juin 1972, Michel Laudet, premier directeur de
l'institut, passait ses pouvoirs à son successeur André
Danzin.
À l'issue du Conseil d'administration du 28 juin 1972
:
- Michel Monpetit est appelé à la responsabilité
de directeur adjoint de l'institut ;
- le professeur Jacques-Louis Lions est nommé
directeur du Laboria.
Parmi les missions auxiliaires de l'IRIA, intimement liées aux
missions principales, on trouvait l'animation et la conduite de projets
pilotes ; le premier étant la réalisation d'un réseau
permettant l'interconnexion de plusieurs grands centres de calcul (Projet
Cyclades).
Dans son action, l'IRIA se souciait non seulement d'accroître
le potentiel en chercheurs, mais aussi d'orienter l'implantation des
équipes, selon les préoccupations de la Délégation
à l'aménagement du territoire (DATAR). Il mettait ainsi
à la disposition d'équipes de province, des postes budgétaires
de chercheurs, notamment à Rennes. Ces équipes portaient
le nom d'équipes associées de l'IRIA.
En 1975, à partir des équipes de Rennes,
était créé l'Irisa,
laboratoire de recherche associé à l'université
de Rennes 1 et au CNRS.
Fin 1979, l'institut se recentre sur sa mission de
recherche et de transfert et devient par décret du 27 décembre
1979, l'INRIA (Institut national de recherche en informatique
et en automatique), établissement public à caractère
administratif sous la tutelle du ministre de l'industrie. Jacques-Louis
Lions en devient le président directeur général.
Parallèlement est créée, par décret du 27
septembre 1979, l'Agence pour le développement de l'informatique
qui est chargée, pour ce qui concerne les applications de l'informatique,
de mener des expérimentations, des actions de sensibilisation,
de formation et de prospection de nouveaux secteurs d'activité
concernés.
Elle est également chargée d'une mission d'animation et
de développement de la recherche publique et privée sur
les applications de l'informatique, sur les techniques susceptibles
de favoriser leur développement. Cette agence sera supprimée
en 1986.
Après 1980 : l'essor de l'INRIA

Depuis les années 80, l'INRIA n'a cessé de se développer.
En 1980, l'unité
de recherche de Rennes voit le jour en tant qu'une des composantes
de l'Irisa.
En 1983, est créée l'unité
de recherche de Sophia Antipolis.
En 1984, est créée l'unité
de recherche de Lorraine, conjointement avec l'université
de Nancy et le Centre de recherche en informatique de Nancy (Crin) du
CNRS.
En 1984, la société Simulog
voit le jour et consacre son activité dans le domaine de l'ingénierie
assistée par ordinateur. Il s'agit de la première société
de technologie issue de l'INRIA, le début d'une longue série
qui conduira en 2000 à plus d'une
cinquantaine de sociétés créées. Simulog
est créée en tant que filiale INRIA.
En 1984, Alain Bensoussan devient président
directeur général de l'INRIA.
En 1985, l'INRIA devient établissement public
à caractère scientifique et technologique (EPST) placé
sous la double tutelle du ministère chargé de la recherche
et du ministère chargé de l'industrie. Le décret
85-831 du 2 août 1985, portant sur l'organisation et le fonctionnement
de l'institut, rappelle ses principales missions :
- entreprendre des recherches fondamentales et appliquées ;
- réaliser des systèmes expérimentaux ;
- organiser des échanges scientifiques internationaux ;
- assurer le transfert et la diffusion des connaissances et du savoir-faire
;
- contribuer à la valorisation des résultats des recherches
;
- contribuer, notamment par la formation, à des programmes de
coopération pour le développement ;
- effectuer des expertises scientifiques ;
- contribuer à la normalisation.
En 1987, l'INRIA célèbre son 20e anniversaire
: Alain Bensoussan déclare que la plus grande spécificité
de l'institut consiste à obtenir que les résultats de
la recherche soient transférés aussi vite que possible
dans le secteur économique.
En 1987, la deuxième filiale de l'INRIA, Ilog,
chargée de l'industrialisation de produits INRIA en intelligence
logicielle, voit le jour.
En 1989, l'INRIA est un des fondateurs du consortium
européen Ercim qui regroupe actuellement quatorze organismes
de recherche.
En 1990, la troisième filiale industrielle de
l'INRIA, O2 Technology, est créée dans le domaine des
systèmes de gestion de bases de données orientées
objet.
En 1992, l'unité
de recherche de Rhône-Alpes voit le jour.
En mars 1994, l'INRIA adopte un plan stratégique
visant à définir les principaux axes de la politique générale
menée par l'institut.
Le 31 janvier 1995, l'INRIA est le premier organisme
de recherche à signer avec le ministère de l'enseignement
supérieur et de la recherche un contrat
d'objectifs. Ce contrat associe également le ministère
de l'industrie, des postes et des télécommunications,
autre tutelle de l'institut.
En 1995, l'INRIA est choisi comme pilote européen
du consortium W3C,
créé en 1994, aux côtés du MIT pour les États-Unis.
En 1996, Bernard Larrouturou devient président
directeur général de l'INRIA. En décembre, il fait
adopter par le Conseil d'administration les principales orientations
de la politique de l'institut pour les prochaines années.
En décembre 1997, un essai prospectif rédigé
par Bernard Larrouturou en juillet 1997 et intitulé « INRIA
2007. L'INRIA dans dix ans » est diffusé aux partenaires
de l'institut.
1998... Au coeur de la société de
l'information
1er janvier 1998 : création de l'AFNIC
L'Association française pour le nommage Internet en coopération
a repris la gestion des activités de domination ("nommage")
des domaines Internet dans la zone ".fr", jusque là
assurées par le NIC France au sein de l'INRIA.
Les membres fondateurs de l'association sont l'INRIA et l'État,
représenté par les ministères chargés des
télécommunications, de l'industrie et de la recherche.
16 janvier 1998 : présentation du programme
d'action gouvernemental "Préparer l'entrée
de la France dans la société de l'information".
L'INRIA est sollicité à plusieurs reprises dans le programme
d'action gouvernemental présenté par le Premier ministre,
Lionel Jospin le 16 janvier : "Préparer l'entrée
de la France dans la société de l'information". L'institut
est mis à contribution sur le chantier "Relever le défi
de l'innovation industrielle et technologique", de sa participation
au réseau national de recherche en télécommunications
(RNRT), de son activité dans les instances de l'Internet et pour
la mission confiée à Jean-François Abramatic. Cette
mission devra notamment évaluer le dévelopement de l'infrastructure
Internet en France et les réponses à apporter à
l'accroissement du trafic, ainsi que les questions posées par
le déploiement des systèmes d'information et des standards
d'Internet. J.F. Abramatic est président du World Wide Web Consortium
(W3C) et directeur du développement et des relations industrielles
à l'INRIA.
Mars 1998 : création de la société INRIA-TRANSFERT,
filiale de l'INRIA.
La société INRIA-Transfert, filiale à 100% de l'INRIA,
a une double vocation : être un acteur majeur pour la constitution
de fonds d'amorçage dans les STIC, et être la structure
de référence pour l'incubation de projets de sociétés
innovantes dans les technologies de l'information et de la communication.
INRIA-Transfert avec des partenaires financiers, publics et privés,
participe à la création de la société I-Source-Gestion,
chargée de monter des fonds d'amorçage dans le domaine
des STIC. La filiale INRIA-Transfert est dirigée par Laurent
Kott, délégué général au transfert
technologique de l'INRIA.
18 mai 1998 : création de I-SOURCE,
premier fonds d'amorçage national dans le domaine des STIC.
A l'occasion des Assises de l'Innovation, le Premier Ministre français
Lionel Jospin a annoncé la création, à l'initiative
de l'INRIA, d'" I-Source ", fonds commun de placement à
risques (FCPR) de droit français.
I-Source est destiné à investir dans des sociétés
du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication
s'appuyant sur des techniques et des concepts relevant du domaine de
compétence de l'INRIA. I-Source n'est pas réservé
aux porteurs de projets issus de l'INRIA, mais a pour objectif de faire
aboutir sur le marché des nouvelles technologies, quelle que
soit la structure, privée ou publique, qui a permis de les mettre
au point.
17 juin 1999 : Jean-François Abramatic
remet à Christian Pierret, secrétaire
d'état à l'industrie, le rapport sur le Développement
technique de l'Internet.
Le rapport a pour objet, à la fois de proposer les grandes lignes
d'un état des lieux du développement technique de l'Internet
dans le monde et en France, et de suggérer un premier ensemble
de recommandations pour accélérer ce développement
sur le territoire national. Il est écrit avec l'objectif d'alimenter
un débat. Il ne prétend, en aucune manière, donner
les solutions mais plutôt suggérer des voies de travail.
La mission "Développement Technique de l'Internet"
fait partie du Programme d'Action Gouvernemental pour la Société
de l'Information (PAGSI).
Le rapport met donc l'accent sur les aspects techniques alors que d'autres
rapports ont traité les aspects usages (commerce électronique,
par exemple) ou réglementaires. Il doit être lu comme un
élément du débat fondamental relatif au positionnement
de la France dans le développement de la société
de l'information.
1999 : Plan stratégique 1999-2003 : un institut de recherche
au coeur de la société de l'information.
Excellence scientifique et transfert technologique sont les maîtres
mots de la stratégie de l'institut réaffirmée dans
le Plan stratégique 1999-2003 de l'INRIA.
Le Plan stratégique de l'INRIA pour la période 1999-2003
a été adopté le 30 juin 1999 par le conseil d'administration
de l'institut. L'INRIA y décrit sa vision du monde scientifique
et technologique dans lequel s'inscrit aujourd'hui son action, ainsi
qu'un bilan de ses forces et faiblesses dans le contexte d'intense compétition
internationale qui marque les activités de recherche dans le
domaine des sciences et technologies de l'information et de la communication,
et il y présente ses ambitions et sa stratégie.
L'INRIA a l'ambition d'être reconnu dans les prochaines années
comme le meilleur centre de recherche européen et l'un des tout
meilleurs mondiaux dans les domaines de l'informatique et des mathématiques
appliquées, et d'amplifier en France son rôle moteur au
bénéfice de l'ensemble des acteurs de la recherche dans
ce domaine.
28 octobre 1999
L'INRIA accueille Monsieur Jacques Chirac, président de la République
lors de sa visite dans le département des Yvelines.
Outre la présentation des activités de recherche dans
le domaine des STIC, cette visite a permis une rencontre de dirigeants
de sociétés de technologie issues de l'INRIA avec le Président.
Les années 2000... La croissance
18 Juillet 2000 : signature du Contrat Quadriennal de
l'INRIA par Monsieur Roger Gérard Schwartzenberg, Ministre de
la Recherche, Monsieur Christian Pierret, Secretaire d'Etat à l'Industrie,
et Bernard Larrouturou, Président Directeur Général
de l'INRIA.
Annoncé par le premier ministre Monsieur Lionel Jospin, le contrat quadriennal
de l'INRIA affiche des objectifs très ambitieux concernant le rayonnement
de la recherche scientifique de l'institut, l'impact de ses activités
de transfert technologique et, tout particulièrement, son ouverture, ses
partenariats et sa politique d'accueil. Il fait aussi état d'un engagement
important de l'Etat pour accroître les moyens de l'INRIA, dont les effectifs
seront fortement augmentés (de 755 à 1180) d'ici à 2003
ainsi que ses moyens de fonctionnement (+ 60 MF en 2001).
Cet engagement du gouvernement, constitue une reconnaissance de l'action et de
la stratégie de l'INRIA dont l'Institut mesure l'ampleur exceptionnelle, à la
hauteur des défis scientifiques et technologiques qu'il s'agit de relever.
A cette fin, l'INRIA augmentera son rôle d'entraînement pour le bénéfice
de l'ensemble du dispositif national de recherche dans le domaine des STIC.
2002 : création de l'unité de
recherche Futurs,
multi localisée à Bordeaux, Lille et Saclay. Cette unité de
recherche préfigure trois nouvelles unités à l'horizon
2007, fondées sur le partenariat.
2003 : le Plan stratégique 2003-2007
Le plan stratégique de l'INRIA pour la période 2003-2007 a été adopté le 1er juillet 2003 par son conseil
d'administration. L'institut y décrit sa vision du domaine des
Stic et y présente ses ambitions et sa stratégie :
- réaffirmer ses deux grands objectifs stratégiques,
excellence scientifique et transfert technologique, et mobiliser ses
efforts dans le cadre de sept grands défis scientifiques et
technologiques prioritaires.
- accorder une très grande attention au développement de ses
collaborations européennes et de ses échanges internationaux
et à ses actions en matière de formation par la recherche et
de diffusion de l'information scientifique et technique,
- amplifier sa politique de partenariat avec les universités et les écoles,
ainsi qu'avec les autres organismes de recherche, pour favoriser l'émergence
en France de pôles d'excellence visibles au meilleur niveau international,
- développer une politique de ressources humaines et une culture de
gestion au service de ses ambitions.
9 décembre 2003 : Michel
Cosnard est nommé PDG
de l'INRIA.
26 mai 2004 : Gilles
Kahn est nommé PDG de l'INRIA.
2005 : L'INRIA fête "20
ans de création d'entreprises" : à l'occasion
de la célébration de 20 ans de création d'entreprises
de technologies innovantes, l'Institut réaffirme sa volonté de
poursuivre son action en faveur de l'innovation et de la création
de valeur. À l'origine de la création de près
de 80 sociétés, l'institut lance le label « Born
of INRIA » pour contribuer au développement des entreprises
fondées sur le transfert de technologies et de savoir-faire
INRIA. L'année 2005 a été l'occasion de plusieurs manifestations
organisées à Paris et en région.
2 mai 2006 : Michel
Cosnard est nommé PDG de l'INRIA.
2007 : L'institut fête ses 40 ans. L'année a été l'occasion de mesurer les avancées scientifiques et technologiques enregistrés dans de nombreux domaines (économie, société, administration, disciplines scientifiques, arts...) et d'interroger le sens de ces évolutions. De nombreuses expositions, publications et manifestations scientifiques marqueront cet anniversaire.
1er janvier 2008 : Quarante ans après sa création, l’INRIA
poursuit sa stratégie de développement et d’implantation
régionale au service de la compétitivité et
de l’innovation en STIC. Au 1er janvier
2008, l’Institut s'est doté de trois nouveaux centres de recherche sur les sites de Bordeaux, Lille et Saclay, initialement « incubés » au
sein de l’INRIA Futurs.
2008 : Le plan stratégique 2008-2012 de l'INRIA a été adopté en décembre 2007 par son conseil d'administration. L'objectif essentiel de l'institut est de réaliser des percées scientifiques et technologiques dans sept domaines prioritaires :
- Modélisation, simulation et optimisation de systèmes dynamiques complexes
- Programmation : sécurité et fiabilité des systèmes informatiques
- Communication, information et calcul ubiquitaires
- Interaction avec des mondes
réels ou virtuels
- Ingénierie numérique
- Sciences numériques
- Médecine numérique