Accroître l'attractivité et le rayonnement de l'INRIA dans la compétition mondiale

Le rayonnement et l'attractivité de l'INRIA dans la communauté scientifique internationale sont des critères majeurs du succès de l'action de l'institut. Ceci exige une politique de relations internationales au service de la stratégie de l'INRIA. Le rayonnement est aussi un moyen d'attirer les meilleurs chercheurs et de mettre les compétences ainsi rassemblées au service de la formation par la recherche d'étudiants français et étrangers. Si le transfert des connaissances repose principalement sur les personnes, l'INRIA doit aussi faire connaître ses travaux à travers une communication scientifique active, notamment vers les jeunes.

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La poursuite de son engagement fort dans la construction et le développement de l'espace européen de la recherche est une grande priorité de la politique de l'institut. Cet engagement prendra plusieurs forme.

  • Le sixième PCRD* est un enjeu majeur. L'INRIA y confortera sa place de leader dans la recherche en STIC en Europe, en s'appuyant sur les acquis liés à sa participation aux programmes-cadres précédents. L'INRIA cherchera à utiliser l'ensemble des instruments proposés : les réseaux d'excellence et les projets intégrés, en liaison avec des partenaires industriels, mais aussi le programme "Future and emerging technologies". Les premiers projets d'envergure en cours de préparation concernent des sujets qui sont au cœur des objectifs prioritaires de l'institut : la sécurité, le grid computing, l'intelligence ambiante et l'informatique ubiquitaire, les nouvelles technologies des réseaux, la réalité virtuelle, etc.

    • Le groupement ERCIM,* qui inclut maintenant 17 membres de 17 pays européens, constitue une organisation unique en Europe et préfigure d'une certaine façon les futurs réseaux d'excellence. Au fil des ans, notamment sous l'impulsion de l'INRIA, ERCIM a accru son ouverture et sa représentativité au sein de la communauté scientifique et technologique du domaine des STIC, si bien que la commission européenne commence à s'appuyer sur lui pour des opérations de suivi de la recherche européenne et de relations avec d'autres régions du monde. Le groupement a également augmenté sa visibilité mondiale en devenant l'hôte européen du W3C.* Pour toutes ces raisons, et pour ses nombreux groupes de travail et son programme de bourses post-doctorales, dont le succès grandit, ERCIM restera un vecteur important de l'engagement européen de l'INRIA.

    • Au-delà du PCRD, l'institut poursuivra ses efforts pour développer ses relations avec les grands industriels européens qui occupent une position de leader au plan mondial dans les domaines liés à ses défis prioritaires. Dans cette optique, la participation au programme Eureka sera encouragée, notamment dans le cadre du programme ITEA* qui est une source de collaborations industrielles importantes dans le domaine des systèmes à logiciel prépondérant. L'institut veillera aussi avec soin à la réussite du laboratoire AIR&D,* commun avec Philips et Thomson, qui constitue le premier succès d'ampleur de sa politique de partenariat fort avec l'industrie européenne, et cherchera à monter d'autres actions de cette envergure.

    • L'INRIA continuera aussi de s'impliquer dans des collaborations bilatérales avec d'autres pays européens. Un effort particulier sera entrepris pour accroître la collaboration avec les pays en voie d'adhésion à l'Union européenne, notamment avec les pays baltes, ainsi qu'avec la Roumanie dont l'institut accueille déjà de nombreux étudiants. Il est prévu aussi de renforcer l'Institut Liapunov, commun à l'institut et à l'université Lomonosov de Moscou, en l'ouvrant à des coopérations multilatérales Russie-Europe occidentale en coopération avec INTAS.*

    • Dans tous les grands pays, l'importance des régions dans les coopérations internationales est croissante, et les unités de recherche de l'INRIA participent aux relations internationales des régions où elles sont implantées. En particulier, cette dynamique est intéressante pour développer les échanges transfrontaliers avec les régions voisines des unités de recherche. Plusieurs unités sont concernées par cette dynamique : Futurs (Lille) avec la Belgique, Lorraine avec le Luxembourg et l'Allemagne, notamment avec les établissements situés à Sarrebrück (université, institut Max Planck et DFKI), Rhône-Alpes avec l'Italie et la Suisse, et Sophia-Antipolis avec l'Italie. Au cours des quatre prochaines années, ces liens transfrontaliers pourraient, dans certains cas, se traduire par la création de projets de recherche "hors-sites" dans des régions limitrophes du territoire national.

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    Plus largement, dans un contexte où les STIC sont partout une priorité des politiques de recherche nationales, l'INRIA doit continuer de développer ses coopérations internationales en ciblant prioritairement ses efforts sur quelques grands partenariats et sur certaines zones géographiques.

    Les coopérations de l'institut avec l'Asie ont été très nettement renforcées ces dernières années - le nombre de visiteurs asiatiques à l'INRIA a triplé en quatre ans - mais elles sont encore très insuffisantes. L'Asie devient un grand partenaire scientifique, et les STIC y pénètrent de façon fulgurante : la téléphonie 3G est déjà largement déployée au Japon, il y a sur le Web plus de pages en coréen qu'en français, l'Inde est le pays qui compte le plus grand nombre d'informaticiens, la Chine se développe de façon impressionnante et produit déjà aujourd'hui la majorité des ordinateurs individuels fabriqués dans le monde. L'institut sera donc très attentif à approfondir ses coopérations avec l'Asie, qui sera sa première priorité géographique en dehors de l'Europe, avec l'objectif d'augmenter très significativement les mouvements de personnes entre la France et l'Asie. Le laboratoire franco-chinois LIAMA* installé à Pékin, qui a fortement contribué à développer les coopérations avec la Chine dans le domaine des STIC, sera renouvelé en 2004 et recentré sur les activités propres du laboratoire en lien avec un petit nombre d'institutions voisines de l'Institut d'Automatique, dont l'université Tsinghua. Le LIAMA participera notamment à un ambitieux projet de développement logiciel open source dans le cadre du consortium Scilab lancé par l'INRIA. L'institut continuera aussi de développer les programmes de coopérations mis en place avec Hong Kong, Singapour, Taiwan, la Corée et le Japon, notamment avec les grands industriels comme Hitachi. Avec l'Inde, le programme d'accueil d'étudiants a pris une grande ampleur, et les accords passés avec les universités seront élargis pour accroître la participation de chercheurs français à l'enseignement dans ces établissements ; des programmes de recherche conjoints seront lancés en particulier en ingénierie linguistique, sujet sur lequel le besoin rapproche l'Inde de l'Union européenne.

    Les relations de l'INRIA avec les Etats-Unis et le Canada sont bien sûr très dynamiques, et des coopérations sont actives avec une centaine d'universités ou d'entreprises. Le leadership incontestable que détiennent les Etats-Unis dans le domaine des STIC rend indispensable un partenariat fort avec l'Amérique du Nord. En particulier, l'institut poursuivra le dialogue régulier qu'il a entamé avec la NSF, et s'appuiera sur le programme INRIA-NSF pour soutenir des actions de recherche conjointes avec des universités américaines. En lien avec la NSF qui y est très favorable, l'institut continuera de renforcer ses actions auprès des universités américaines pour augmenter l'accueil de leurs étudiants dans ses équipes. Sur un autre plan, l'institut sera très attentif à développer les relations avec les Etats-Unis dans les domaines de la modélisation du vivant et des technologies médicales.

    Les partenariats avec les pays du Sud seront également renforcés. En s'appuyant sur la dynamique des nouveaux accords de partenariat signés ces dernières années, l'institut veillera à accroître les échanges avec l'Amérique latine, en particulier avec le Mexique, où le CNRS,* l'INRIA et l'université Joseph Fourier ont mis en place un laboratoire commun, ainsi que le Chili et le Brésil. L'institut a aussi de nombreux partenaires en Afrique et au Moyen-Orient, régions fortement francophones ; il continuera d'y développer son action, notamment en contribuant à la formation par la recherche. Il s'attachera à développer la dynamique de partenariat en Afrique grâce au colloque bisannuel CARI, pour lequel il joue un rôle de fédérateur des institutions françaises, étrangères et internationales partenaires, en lien étroit avec le ministère des affaires étrangères. L'institut fondera avec le CIMPA* et quelques universités le groupement d'intérêt scientifique SARIMA,* qui permettra d'harmoniser les politiques de coopération avec divers pays d'Afrique et du Moyen-Orient dont le Sénégal, le Cameroun, la Tunisie et le Liban, et devrait permettre de créer un colloque qui sera le pendant de CARI* pour les mathématiques appliquées.

    Pour développer ces coopérations internationales, l'institut continuera de rechercher les synergies avec les autres établissements français. Il s'appuiera aussi sur les outils qu'il a développés : les laboratoires communs à l'étranger et le programme des "équipes associées" qui permet d'associer à un projet de recherche de l'INRIA une équipe de chercheurs dans une institution étrangère pour une période de trois ans. Il étudiera également la possibilité d'ouvrir en France des laboratoires communs avec un partenaire étranger. Enfin, il sera très attentif à amplifier sa participation à des consortiums internationaux sur des thèmes de recherche liés à ses défis prioritaires.

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    L'INRIA voit la contribution qu'il apporte à la formation par la recherche de jeunes doctorants en informatique et en mathématiques appliquées comme l'une de ses tâches essentielles, menée en relation étroite avec les écoles doctorales dont il est partenaire. Il poursuivra son implication très active dans les activités de formation doctorale, en étant très attentif à la qualité des thèses préparées au sein de ses projets de recherche et, plus généralement, à la qualité de la formation reçue par ces doctorants et à la préparation de leur insertion professionnelle après la thèse. Sur un plan plus quantitatif, l'institut sera très attentif à favoriser une croissance du nombre de doctorants accueillis du même ordre que celle des chercheurs permanents et des enseignants-chercheurs présents dans ses unités de recherche. Notamment, en lien avec les universités qui sont ses partenaires, en France et à l'étranger, il amplifiera ses efforts pour attirer vers les formations doctorales françaises un nombre plus grand d'étudiants étrangers.

    Les questions liées à l'attractivité des études doctorales dans le domaine des STIC mériteront une attention accrue dans les prochaines années. En lien avec les ministères concernés et les établissements partenaires, l'INRIA souhaite vivement poursuivre les réflexions engagées concernant la nécessaire revalorisation des montants des rémunérations des doctorants, et surtout l'augmentation indispensable du nombre des financements de thèses. Etonnamment, le nombre d'allocations de thèses de doctorat en informatique et automatique a baissé d'environ 10% entre 1993 et 2001 : il est essentiel d'inverser vigoureusement et rapidement cette tendance. L'INRIA souhaite mettre en place un programme d'accueil doctoral en finançant sur crédits d'Etat l'accueil de doctorants dans ses équipes. Ce programme viendrait utilement compléter les dispositifs d'accueil qui existent déjà au sein de l'institut, dédiés aux jeunes ingénieurs et aux post-doctorants. Il n'aurait pas vocation à se substituer au dispositif actuel d'allocations doctorales, mais à s'y ajouter, et il s'en distinguerait en mettant l'accent sur la mobilité et sur l'accueil de doctorants étrangers, contribuant ainsi à la visibilité internationale de l'institut.

    L'INRIA amplifiera dans les prochaines années sa politique active de soutien aux écoles doctorales avec lesquelles il collabore. Il est intéressé également à contribuer aux réflexions sur les cursus LMD,* qui doivent prendre en compte dès le niveau du master les liens avec la recherche et l'ouverture européenne. Cette volonté forte de l'institut de participer au nécessaire développement de l'effort national de formation par la recherche dans le domaine des STIC vient enrichir la perspective ouverte par la proposition de mettre en place des UCR - unités communes de recherche - pour renforcer ses liens avec les universités et écoles.

    En complément de son implication dans la formation doctorale, l'INRIA poursuivra et amplifiera aussi ses activités de formation post-doctorale, qui s'articulent en plusieurs volets : l'accueil de jeunes chercheurs effectuant un séjour post-doctoral dans un projet de recherche de l'institut, l'envoi de jeunes docteurs français pour un séjour post-doctoral à l'étranger, et une formule de type "post-doctorants industriels" consacrée au transfert vers une entreprise ou à la préparation d'un projet de création d'entreprise. Il poursuivra aussi son activité importante d'accueil de jeunes ingénieurs, auxquels il propose plusieurs formes de séjours de quelques années qui s'apparentent à une formation complémentaire technologique au contact de la recherche, suivie le plus souvent d'un recrutement dans l'industrie.

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    Malgré la légère détente liée au ralentissement momentané de l'activité industrielle, le marché mondial des spécialistes dans le domaine des STIC continuera dans les prochaines années d'être marqué par une forte pression. Dans ce contexte, la première priorité de l'INRIA concernant ses relations internationales est de renforcer son attractivité et d'accroître sa capacité à accueillir et recruter des étudiants et des chercheurs étrangers. Accueillant déjà chaque année un millier de visiteurs provenant de 70 pays, l'INRIA poursuivra une politique active pour développer les échanges internationaux, avec une priorité pour l'Asie. Dans la lignée des campagnes de recrutement de la période 2001-2003, l'institut se donne l'objectif de maintenir aux environs d'un tiers la proportion de scientifiques non français dans ses recrutements de chercheurs permanents. Pour ce qui est de l'accueil d'étudiants, l'institut amplifiera le programme "INRIA International Internship" démarré en 2002, qui permet d'accueillir des stagiaires de niveau master en provenance d'universités étrangères. Quelques dizaines d'universités de toutes les régions du monde sont partenaires de l'institut dans ce programme, et l'effort sera notamment porté vers les Etats-Unis, la Chine et le Brésil. L'institut a également ciblé vers les docteurs titulaires de diplômes étrangers le nouveau programme post-doctoral qu'il a ouvert en 2003, et ces efforts seront poursuivis, aux niveaux doctoral et post-doctoral. L'INRIA s'attachera aussi à coopérer avec les écoles doctorales dont il est partenaire au sein des universités françaises pour mettre sur pied des formations de type masters bilingues français-anglais, permettant d'accueillir en France des étudiants non francophones dans des formations doctorales.

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    Sur le plan du transfert des connaissances, l'INRIA se donne l'objectif de jouer un rôle plus important, au niveau régional, national et international, pour la communication scientifique et d'être reconnu comme un centre de ressources de référence pour l'information scientifique et technique dans le domaine des STIC. En particulier, l'institut encouragera la diffusion et la mise en valeur de la production scientifique de ses équipes en mettant en place des outils numériques appropriés pour sa mise en forme, sa consultation et son archivage. Cette diffusion contribuera à accroître le rayonnement de l'institut car, à côté des traditionnelles parutions dans des revues renommées, l'impact des résultats scientifiques disponibles sur le Web croît très fortement. L'INRIA compte aussi amplifier son action pour relever, en partenariat avec d'autres institutions, le défi de la promotion et la diffusion de la culture scientifique dans le domaine des STIC vers des publics variés. Au-delà des publics de la communauté scientifique et des industriels, vers lesquels il communique le plus souvent, l'institut développera plus particulièrement ses actions de communication scientifique vers les jeunes, pour les rendre mieux aptes à percevoir les grands enjeux et la beauté des recherches en STIC. Pour cela, il s'attachera à mieux mobiliser les chercheurs de ses équipes pour communiquer vers un public non spécialiste, et à valoriser leurs expériences réussies dans l'art difficile de la vulgarisation.
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