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Ergonomie des logiciels

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Présentation  -  Nouveaux usages -  Accessibilté

L'équipe de recherche MERLIN participe depuis de nombreuses années aux activités de normalisation en matière d'ergonomie des logiciels.

Les nombreux atouts de l'informatique et plus généralement des sciences de l'information et de la communication ne doivent pas faire oublier que les principaux concernés sont… les utilisateurs. Un système informatique, aussi pertinent ou sophistiqué soit-il, n'a que peu d'intérêt s'il ne respecte pas certains critères d'utilité, de santé et de sécurité, mais aussi de confort et de facilité d'utilisation, autant de caractéristiques d'utilisabilité qui sont à prendre en compte dès la conception.
Les technologies de l'informatique ont désormais envahi tant la sphère privée que professionnelle : travail, transports, services, loisirs… elles participent à tous les domaines de la vie en particulier des pays développés. Rien d'étonnant donc à ce qu'on se préoccupe de plus en plus de l'ergonomie de ces systèmes : ce qui par définition consiste à mieux comprendre les interactions entre l'homme et ces machines dans le but d'améliorer le confort et la sécurité des utilisateurs ainsi que l'efficacité des systèmes.

L'ergonomie de l'informatique a été prise en compte à l'ISO, l'organisme international de normalisation et ses instances nationales comme l'Afnor en France (Association française de normalisation) depuis 1980. Sont concernés les aspects logiciels (processus de conception, techniques de dialogue, multimédia…) mais aussi d'ergonomie du poste de travail, de son environnement et du matériel. Les problèmes d'ergonomie de l'informatique ne cessent même de prendre de l'ampleur : il faut constamment s'adapter aux nouveaux usages et nouvelles problématiques des technologies de l'information. De fait, de plus en plus d'experts sont nommés pour participer aux réunions internationales de l'ISO. Gouvernements, institutions et producteurs de logiciels sont de plus en plus concernés.

" Les sujets sur lesquels nous travaillons en ce moment concernent par exemple le Web et les interfaces graphiques, la réalité virtuelle… " explique Dominique Scapin, responsable scientifique du projet MERLIN, qui contribue aux normalisations en matière d'ergonomie des logiciels depuis 1988. En France, 25 normes et spécifications techniques traitent de l'ergonomie de l'informatique et 15 concernent plus spécifiquement l'ergonomie des logiciels. Les chercheurs de MERLIN ont publié de nombreux articles et recueils destinés aux concepteurs de logiciels. Récemment, Dominique Scapin, animateur du groupe " Ergonomie des logiciels " à l'Afnor a coordonné la publication du premier recueil de normes Afnor spécifiquement sur l'ergonomie de l'informatique.

Nouveaux usages, nouvelles populations

Qu'entend t-on concrètement par ergonomie des logiciels ? Les déclinaisons de cette problématique sont effectivement nombreuses. Elles concernent par exemple les processus de conception pour aider à prendre en compte les caractéristiques des utilisateurs (bonne prise en compte du contexte d'utilisation, de l'expérience, des connaissances de l'utilisateur…) ; elles définissent les meilleures pratiques de dialogue entre l'utilisateur et l'interface logicielle (degré d'adaptation, conformité aux attentes de l'utilisateur, facilité d'apprentissage, type de menu interactif…) ; elles proposent des règles pour assurer une bonne présentation de l'information, un bon guidage de l'utilisateur ; elles définissent également les méthodes d'évaluation de l'utilisabilité des logiciels. Autant de sujets qui sont au cœur des travaux de recherche du projet MERLIN dont le but est d'améliorer la qualité ergonomique des logiciels interactifs. D'une part, l'équipe cherche à intégrer les résultats de l'ergonomie dans la conception des nouveaux logiciels, d'autre part, elle s'intéresse aux nouvelles applications de l'informatique comme le multimédia et aux nouvelles populations d'utilisateurs.

Cette préoccupation concerne d'ailleurs un grand nombre de travaux de recherches dans le monde, en particulier autour de la notion d'accessibilité, à savoir l'adaptation des systèmes informatiques au plus grand nombre d'individus, quelque soient leurs capacités ou déficiences sensorielles, motrices ou cognitives (cf. encadré). C'est entre autres une façon de prendre en compte le vieillissement de la population. En France, un texte a été voté à ce sujet au sénat en juillet 2004, des lois ont été votées aux Etats-Unis, des directives européennes sont en préparation, quatre normes sont en voie de finalisation au Japon… En cohérence avec ces diverses réflexions et les législations en préparation, une première norme (ISO/TS 16071) a été publiée en 2003. Elle vise à guider les développeurs dans la conception d'interfaces homme/système proposant un niveau d'accessibilité aussi élevé que possible.

" Notre équipe travaille dans tous ces domaines, précise Dominique Scapin, principalement sur les nouvelles connaissances (par exemple pour comprendre les problèmes que posent les logiciels du Web ou de réalité virtuelle) et sur la méthodologie d'évaluation et de conception des logiciels interactifs. " Même s'il est difficile de préciser l'importance de telle ou telle contribution, ces recherches ont un impact reconnu dans l'édition des normes sur ce sujet.

L'accessibilité

L'accessibilité est une notion qui englobe les différences de capacités liées à l'âge, à la maladie, aux handicaps. Elle concerne autant les personnes qui présentent des déficiences physiques, sensorielles et cognitives de naissance ou apparues au cours de leur vie ; des personnes âgées qui peuvent bénéficier de nouveaux produits et services mais qui présentent des capacités physiques, sensorielles et cognitives réduites ; des personnes qui présentent un handicap passager, par exemple une personne qui présente une fracture du bras ou une personne ayant oublié ses lunettes ; et des personnes confrontées à des difficultés dans certaines situations, par exemple une personne qui travaille dans un environnement bruyant ou dont les deux mains sont occupées par une autre tâche.
Le logiciel s'adapte à la complexité des nouveaux usages
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