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Technologies de réseaux sans fil
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Retour en arrière -  Hiperlan -  Nouveaux réseaux sans fil -  Troisième génération -  Images et JPEG sans fil - norme

Des chercheurs de l'INRIA ont été parmi les premiers à imaginer des réseaux de communication haut débit sans fil, entre ordinateurs mobiles. Aujourd'hui encore, ils sont en première ligne pour la standardisation des protocoles nécessaires à une nouvelle génération de réseaux sans-fil : les réseaux ad hoc.

Retour en arrière

Avant les réseaux sans fil, les architectures des réseaux d'entreprise étaient particulièrement complexes et fixes : chaque ordinateur était relié aux autres par l'intermédiaire d'une quantité de fils, gérée par un puissant " serveur réseau ". Puis, il y a une vingtaine d'années, une solution révolutionnaire à l'époque, beaucoup plus légère et économique s'est développée : Ethernet, où un seul câble de communication (le câble co-axial Ethernet) reliait chacun au serveur. Cette fois, il fallait gérer la cohabitation de plusieurs communications et partager la capacité informatique.
Une équipe d'une dizaine de chercheurs de l'INRIA s'est intéressée au sujet : comment améliorer ces réseaux filaires et permettre une gestion décentralisée des communications, éviter finalement de passer par ce " gendarme " central qu'est le serveur pour entrer et sortir du réseau ? " Nous nous sommes rapidement rendus compte que le dernier élément pénalisant pour ces réseaux : c'était… le fil, raconte Philippe Jacquet, responsable du projet HIPERCOM, à Rocquencourt. On a commencé à imaginer un réseau Ethernet sans fil à haut débit, un réseau dans lequel les utilisateurs pourraient être mobiles : on pressentait de nombreuses applications, dans les bureaux, les véhicules… "
Aussi étonnant que cela puisse paraître maintenant, à l'époque, les réseaux Ethernet commençaient à peine à être déployés et la plupart des industriels étaient très dubitatifs à l'idée de réseaux d'ordinateurs sans fil. Certains s'y intéressaient pourtant pour des applications militaires ou Apple pour les ordinateurs personnels. " Nous avons poursuivi nos travaux et participé au développement d'une norme de standardisation originale, baptisée Hiperlan, défendue à l'ETSI qui associait deux concepts, l'un développé pour Ethernet et l'autre (un principe d'autoroutage) issu du monde Internet " poursuit Philippe Jacquet.

Hiperlan : une norme en avance sur son temps

L'autoroutage entre les ordinateurs, imaginé pour le réseau Internet au début des années 1990, apparaissait comme une solution pour augmenter les portées des communications des réseaux sans fil. En raison des problèmes de brouillages des signaux dûs aux échos engendrés par les obstacles (murs, meubles…), plus le débit de données est élevé, plus les portées sont réduites.
Les chercheurs d'HIPERCOM ont commencé à travailler à cette solution dans le cadre d'un projet européen (de 1994 à 1996) avec Dassault, Electronica, Symbionics et les universités de Bradford et Bristol. Cette notion de réseau distribué avec routage interne est aussi au cœur de la norme européenne Hiperlan défendue par plusieurs industriels dont Apple, Motorola, ATT, Canon, Daimler-Benz. Mais Hiperlan était probablement trop ambitieuse, elle visait des puissances de transferts de 25 Mbits/s : " c'était une sorte de " Concorde " des réseaux sans fil " se souvient avec nostalgie Philippe Jacquet. Sur le moment, aucun industriel ne s'est risqué à développer un produit.
Les réseaux sans fil, les fameux Wi-Fi, se sont finalement déployés en 1996 selon une norme concurrente baptisée 802.11, défendue auprès de l'IEEE (Institute of electrical and electronics engineers qui édicte des standards internationaux en particulier dans le monde des télécommunications), souvent par les mêmes industriels qui travaillaient sur Hiperlan. Là où les européens cherchaient à développer une norme et des produits totalement nouveaux, les américains faisaient évoluer leurs produits, ce qui leur a permis d'imposer plus rapidement des solutions industrielles.
Néanmoins, la compétition avec Hiperlan a beaucoup influencé la norme Wi-Fi, en particulier en matière de type de réseau créé, de facilité d'accès des utilisateurs et de mode de routage. Les réseaux Wi-Fi sont ainsi conçus autour d'un point d'accès unique avec lequel plusieurs ordinateurs peuvent communiquer grâce à un protocole distribué très simple comme le proposait Hiperlan qui permet à chaque utilisateur d'entrer ou sortir librement du réseau.
Une autre conséquence héritée d'Hiperlan concerne la possibilité d'un fonctionnement de réseau en mode ad hoc, un réseau mobile dans lequel les différents ordinateurs connectés à un moment donné peuvent servir de relais les uns entre les autres et router automatiquement les données. Ce type de fonctionnalité avait été développé dans Hiperlan pour faire face à la faible portée des communications dues aux débits très élevés qui étaient envisagés. De la même façon, les réseaux ad hoc permettent d'étendre la portée des réseaux Wi-Fi ou d'envisager un réseau sans fil avec un point d'accès décentré comme c'est souvent le cas. Ainsi, les mobiles hors de portée du point d'accès peuvent utiliser les autres mobiles comme relais pour retransmettre leur communication vers le point d'accès.

Des concepts repris dans les nouveaux réseaux sans fil

Parallèlement, les protocoles Internet devaient eux aussi être adaptés à cette mobilité physique des ordinateurs qui entraîne des changements fréquents de topologie du réseau. Il fallait assurer l'interopérabilité des différents réseaux et garantir sa stabilité pour éviter que les transmissions ne soient interrompues, sans que le trafic nécessaire à la connaissance de cette topologie ne mobilise toute la bande passante. En 1996, l'organisme de standardisation international des protocoles du réseau Internet, l'IETF a lancé un groupe de travail sur le sujet, baptisé MANET (Mobile ad hoc network). " Intéressés par les concepts que nous avions développés dans Hiperlan, ils nous ont rapidement contacté, se rappelle Philippe Jacquet, pour proposer notre protocole de routage baptisé OLSR (Optimized link state routing), adapté à Internet et optimisé pour les réseaux mobiles. OLSR a été le premier protocole qui a permis d'expérimenter les réseaux ad hoc sans effort d'installation (plug and play). " Il a eu de suite beaucoup de succès et a été téléchargé plus de 2500 fois ! Pour l'instant, les réseaux ad hoc intéressent surtout les militaires, les constructeurs automobiles et des associations de Wi-Fistes, qui mènent des expérimentations entre plusieurs immeubles à Berlin ou Paris, d'ailleurs avec le protocole de l'INRIA.
Aujourd'hui, une quinzaine de chercheurs travaille toujours sur OLSR (RFC 3626, Request for comment). A l'heure actuelle, c'est probablement OLSR qui a été le plus implémenté, une cinquantaine de fois en France, aux Etats-Unis, au Japon, au Canada, en Norvège, en Finlande… et par plusieurs industriels comme Boeing ou Cisco. D'ici quelques mois, Cisco prévoit d'ailleurs de mettre sur le marché des routeurs hybrides utilisant OLSR : ils auront la possibilité d'être à la fois filaires et sans fil. Les idées développées dans OLSR sont par ailleurs reprises dans d'autres travaux de l'IETF et plusieurs propositions de standards émanant de grandes compagnies américaines incluent des concepts d'OLSR.

Prévoir l'intégration des équipements de troisième génération

En outre, les réseaux sans fil doivent faire face à de nouveaux besoins comme celui de transmettre des données multimédia à des téléphones portables ou des assistants personnels, des équipements dits de 3ème génération. Les industriels et les laboratoires qui développent des technologies pour ces équipements participent à la standardisation de ces réseaux au sein du 3GPP (3rd generation partnership project). Le 3GPP, créé en 1999, réunit plusieurs organismes de standardisation comme l'ETSI et définit les normes adaptées aux réseaux de téléphonie mobile : GSM, GPRS et UMTS.
L'équipe de recherche ARMOR à Rennes travaille sur les mécanismes nécessaires pour gérer le déplacement des terminaux mobiles de telle sorte que ces derniers puissent utiliser plusieurs types de réseau radio (UMTS, Wi-Fi, Wi-Max, …) de façon transparente. De cette manière, il sera possible d'utiliser des applications multimédia (voix sur IP, visio-conférence, vidéo à la demande, …) en utilisant à chaque instant le meilleur moyen de communication disponible à l'endroit où l'on se trouve. Les différentes technologies collaborent ainsi pour offrir la meilleure couverture possible.
Des chercheurs développent également des techniques de compression de données pour permettre la transmission efficace d'informations multimédia sur ces réseaux GPRS ou UMTS. Plus précisément, ils proposent au sein du 3GPP une méthode de compression des en-têtes IPv6, déjà normalisée à l'IETF sous le nom de ROHC (Robust header compression).

Images et JPEG sans fil

Le standard JPEG2000 se divise en plusieurs parties. La partie 1 définit le standard initial de compression des images. La partie 11, JPWL (JPEG WireLess), s’intéresse spécifiquement à la transmission des images sur des réseaux sans fils. Le développement de nouvelles applications telles que la transmission d’image et de vidéo vers des terminaux sans fils obligent à respecter à la fois des contraintes de bande passante et de résistance aux erreurs. Dans ce cadre, l’équipe TEMICS a développé un algorithme de décodage robuste. Cette technique est désormais incorporée à la partie JPEG WireLess du standard JPEG.

Qu'est-ce qu'une norme de télécommunication sans-fil ?

Par définition, les télécommunications sans fil supposent des transmissions par fréquence radio. Or, la ressource radio hertzienne est fortement convoitée, par les media télédiffuseurs (radios, télévisions), les liaisons satellites ou encore par les militaires. Pour développer un équipement de télécommunication sans fil, il faut donc obligatoirement passer par la standardisation pour se voir attribuer une bande de fréquence spécifique. En Europe, c'est l'ETSI qui s'en charge en accord avec les différentes juridictions nationales comme l'AFNOR, Association française de normalisation.
Concrètement, chaque standard (GSM, Wi-Fi, Bluetooth, DECT… ou OLSR) spécifie la puissance, le mode de modulation, les protocoles à mettre en œuvre dans les équipements dédiés pour pouvoir utiliser cette fréquence et interopérer entre eux sans gêner les autres appareils.
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