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Liaisons satellitaires

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Présentation  -  Protocole dédié aux satellites -  UDLR -  Start-up -  TNT

Les chercheurs qui ont résolu le problème de l'intégration des satellites dans l'infrastructure de l'Internet, ont créé une start-up et développent aujourd'hui de nouvelles applications de ce standard.

En 1996, Eutelsat, opérateur mondial d'infrastructures de satellites, sollicite l'INRIA pour étudier la possibilité d'intégrer les satellites géostationnaires au réseau Internet et transmettre ainsi les données à haut débit. Leur idée est simple : les satellites géostationnaires, mis en orbite pour le déploiement de la télévision numérique (diffusion sous la norme DVB-S, Digital video broadcast), laissent une énorme capacité de transmission inutilisée. Pourquoi ne pas essayer de les mettre à profit, de façon banalisée au même titre que l'infrastructure de fibres optiques, pour transmettre les données Internet à très haut débit ? Les chercheurs de l'INRIA identifient rapidement les verrous technologiques : les protocoles de routage, à savoir les mécanismes de transmission d'information qui permettent l'acheminement des données. Ces protocoles de routage fonctionnent grâce à l'échange de données entre les routeurs, les nœuds de communication, pour connaître la topologie du réseau et déterminer un chemin de transmission. Ce mode de fonctionnement suppose une communication dans les deux sens, bidirectionnelle : un point B est considéré accessible par un routeur A si ce dernier reçoit des informations de la part de B.
Or, dans le cas du satellite géostationnaire, pour des raisons économiques, seule la réception des données chez un particulier est envisageable : les antennes de réception sont peu coûteuses contrairement aux antennes d'émission, très onéreuses. L'idée est donc d'utiliser les satellites pour la réception des données à haut débit et de conserver le réseau téléphonique et ses modems pour l'émission des données, le tout sans que les mécanismes de fonctionnement du réseau ne soient altérés. Autrement dit, intégrer des satellites avec un mode de fonctionnement unidirectionnel dans un réseau dont les protocoles de routage supposent des liens bidirectionnels.

Un protocole de routage dédié aux satellites

Eutelsat, convaincu que le satellite est une solution intéressante de transmission haut débit, se lance dans l'aventure et finance l'étude menée par le projet de recherche RODEO (PLANETE depuis 2001) de Sophia-Antipolis. Une antenne d'émission est achetée et Eutelsat réserve à l'INRIA des heures de transmission satellite pendant quelques années pour mener les expérimentations. En six mois, les chercheurs concoctent une première solution, théorique. L'astuce consiste à faire croire que le lien satellitaire est bidirectionnel.
En décembre 1996, l'INRIA propose un groupe de travail sur le sujet à l'IETF, organisme de standardisation mondial des protocoles du réseau Internet. Baptisé UDLR (Unidirectional link routing ou protocole de routage unidirectionnel), il est co-présidé par Walid Dabbous, responsable du projet RODEO , et Yongguang Zhang (Hughes research labs). " Il a fallu une année de discussions théoriques avant d'envisager les premiers développements, se rappelle Walid Dabbous. Ensuite, notre équipe a travaillé deux ans sur les logiciels, les cartes informatiques, les expérimentations et développements. " Outre les membres de l'équipe RODEO , des chercheurs japonais du projet WIDE (groupement d'industriels et chercheurs japonais), participent à la conception du standard.
Le protocole, aussi baptisé UDLR, et le déploiement de services sont testés avec des liaisons satellites de façon indépendante par l'INRIA et une équipe japonaise. En avril 2001, les efforts des chercheurs sont couronnés de succès : après ces quatre années de validation par la communauté internationale, leur protocole est reconnu par l'IETF et reçoit l'attribution de RFC 3077 (Request for comment), indispensable sésame avant toute standardisation. A l'heure actuelle, le protocole est validé comme " proposed standard ".

Le protocole UDLR dédié au routage unidirectionnel

Eutelsat, convaincu que le satellite est une solution intéressante de transmission haut débit, se lance dans l'aventure et finance l'étude menée par le projet de recherche RODEO (PLANETE depuis 2001) de Sophia-Antipolis. Une antenne d'émission est achetée et Eutelsat réserve à l'INRIA des heures de transmission satellite pendant quelques années pour mener les expérimentations. En six mois, les chercheurs concoctent une première solution, théorique. L'astuce consiste à faire croire que le lien satellitaire est bidirectionnel.
En décembre 1996, l'INRIA propose un groupe de travail sur le sujet à l'IETF, organisme de standardisation mondial des protocoles du réseau Internet. Baptisé UDLR (Unidirectional link routing ou protocole de routage unidirectionnel), il est co-présidé par Walid Dabbous, responsable du projet RODEO, et Yongguang Zhang (Hughes research labs). " Il a fallu une année de discussions théoriques avant d'envisager les premiers développements, se rappelle Walid Dabbous. Ensuite, notre équipe a travaillé deux ans sur les logiciels, les cartes informatiques, les expérimentations et développements. " Outre les membres de l'équipe RODEO, des chercheurs japonais du projet WIDE (groupement d'industriels et chercheurs japonais), participent à la conception du standard.
Le protocole UDLR, et le déploiement de services sont testés avec des liaisons satellites de façon indépendante par l'INRIA et une équipe japonaise. En avril 2001, les efforts des chercheurs sont couronnés de succès : après ces quatre années de validation par la communauté internationale, leur protocole est reconnu par l'IETF et reçoit l'attribution de RFC 3077 (Request for comment), indispensable sésame avant toute standardisation. A l'heure actuelle, le protocole est validé comme " proposed standard ".

Une start-up à la clé

Forts de ce succès, en juin 2000, et à fin de commercialiser et intégrer le protocole UDLR dans des logiciels prêts à l'emploi, quatre ingénieurs-chercheurs de l'INRIA se lancent dans le monde industriel : ils fondent la société UDcast à Sophia-Antipolis.
Entre-temps, l'avènement du haut débit, en particulier de l'ADSL des liaisons téléphoniques, a considérablement réduit l'intérêt de l'intégration des satellites dans le réseau Internet. De fait, la technologie ADSL est plus économique et l'envoi des données est plus performant (les délais de transmission sont moindres), ce qui permet une meilleure interactivité. Néanmoins, le satellite reste une solution intéressante pour établir des liaisons à haut débit dans des zones rurales ou dans des pays où la connectivité pose problème même en zone urbaine. Il permet aussi de sécuriser les réseaux d'entreprise terrestres face à des risques naturels ou criminels : les liaisons de secours par satellite offrent alors la garantie d'un chemin séparé, direct et immune à la défaillance d'installations terrestres.

Du satellite à la télévision numérique interactive

Par ailleurs, le protocole UDLR, tel qu'il a été conçu, n'est pas spécifiquement dédié aux liens satellites mais avant tout au routage unidirectionnel. Il trouve aujourd'hui de plus en plus d'applications dans de tout autres contextes. Par exemple, pour la diffusion audio numérique terrestre ou la télévision numérique vers un téléphone portable, en particulier pour rendre ces services diffusés pleinement interactifs. Le protocole UDLR trouve aussi paradoxalement son intérêt dans les réseaux terrestres de diffusion de contenus de télévision à la demande sur fibre optique, caractérisés par un fort débit descendant vers l'utilisateur et un faible débit montant. Il permet de diviser quasiment par deux le nombre de fibres optiques et de réduire le coût des coupleurs (interfaces qui permettent d'envoyer les données sur les fibres optiques).
Preuve des multiples applications du protocole UDLR : la bonne santé de la société UDcast qui compte aujourd'hui 22 personnes et dispose aussi d'un bureau à Paris et à Washington. La société s'est attachée à résoudre les problèmes de performance et de sécurité concernant la diffusion des protocoles Internet (IP) et propose des produits, matériels et logiciels aux fournisseurs d'accès et d'applications Internet, aux diffuseurs de contenus et aux constructeurs. Par exemple, elle a noué un partenariat solide avec Nokia pour diffuser des données ou la télévision sur des téléphones mobiles en utilisant les fréquences de la télévision numérique terrestre.
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